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Les cotisations CNSS de l'employeur au Maroc : taux, assiette et plafond en 2026

Cinq branches, un plafond qui ne joue pas de la même façon selon la branche, et une part patronale qui dépasse largement la part salariale. Le détail taux par taux, avec un exemple chiffré pour un salaire au-dessus du plafond.

Mis à jour le

Ce que recouvrent les cotisations CNSS de l'employeur

Tout employeur du secteur privé affilié à la Caisse nationale de sécurité sociale verse, pour chaque salarié, des cotisations réparties sur cinq branches : les allocations familiales, les prestations sociales à court terme, les prestations sociales à long terme, l'assurance maladie obligatoire (AMO) et la taxe de formation professionnelle. Chaque branche a son propre taux, sa propre répartition entre employeur et salarié, et sa propre règle de plafonnement.

L'obligation d'affiliation et de cotisation découle du dahir portant loi n° 1-72-184 du 27 juillet 1972 relatif au régime de sécurité sociale, complété par les textes réglementaires qui fixent les taux et les modalités de calcul. Ces taux n'ont pas été modifiés récemment : ils restent ceux applicables en 2026, mais une vérification auprès de la CNSS reste la seule façon de s'assurer qu'aucun texte n'est venu les changer entre deux clôtures de paie.

La charge pèse très majoritairement sur l'employeur. Sur un salaire situé au niveau du plafond de cotisation, la part patronale représente environ 21,09 % du salaire brut, contre 6,74 % pour la part salariale retenue sur le bulletin de paie. Au-delà du plafond, cet équilibre se déplace encore davantage vers l'employeur, pour les raisons détaillées plus bas.

Les cinq branches et leurs taux

Taux exprimés en pourcentage du salaire brut. « Plafonné » signifie que le taux s'applique uniquement à la fraction du salaire qui ne dépasse pas le plafond mensuel de cotisation.

BranchePart employeurPart salariéTotalPlafond
Allocations familiales6,40 %0 %6,40 %Non plafonné
Prestations sociales à court terme1,05 %0,52 %1,57 %Plafonné à 6 000 DH/mois
Prestations sociales à long terme (pension)7,93 %3,96 %11,89 %Plafonné à 6 000 DH/mois
AMO (assurance maladie obligatoire)4,11 %2,26 %6,37 %Non plafonné
Taxe de formation professionnelle1,60 %0 %1,60 %Non plafonné
Total21,09 %6,74 %27,83 %—

Pourquoi le plafond ne change pas tout

Le plafond mensuel de 6 000 dirhams ne s'applique qu'à deux des cinq branches : les prestations sociales à court terme (indemnités journalières de maladie, maternité, décès) et les prestations sociales à long terme (pension de retraite, invalidité, survivants). Pour un salarié dont le salaire brut ne dépasse pas 6 000 dirhams, ces deux branches se calculent sur la totalité du salaire. Au-delà, elles se calculent uniquement sur les 6 000 premiers dirhams, et le surplus de salaire n'est plus cotisé au titre de ces deux branches.

Les allocations familiales, l'AMO et la taxe de formation professionnelle suivent une règle inverse : elles n'ont pas de plafond et se calculent sur la totalité du salaire brut, aussi élevé soit-il. Un dirigeant salarié payé 30 000 dirhams par mois cotise donc pleinement sur ces trois branches, mais seulement sur une base de 6 000 dirhams pour les deux branches plafonnées.

Conséquence pratique : le taux global de 21,09 % côté employeur et de 6,74 % côté salarié n'est exact qu'au niveau du plafond ou en dessous. Au-dessus, le taux effectif, rapporté au salaire total, diminue progressivement, parce qu'une part croissante du salaire échappe aux deux branches plafonnées.

Calculer la cotisation d'un salaire au-dessus du plafond

Exemple pour un salaire brut mensuel de 8 000 dirhams, soit 2 000 dirhams au-dessus du plafond de 6 000 dirhams.

  1. Allocations familiales

    6,40 % de 8 000 DH = 512 DH, intégralement à la charge de l'employeur.

  2. Prestations sociales à court terme

    Base plafonnée à 6 000 DH. Total 1,57 % × 6 000 = 94,20 DH, dont 63 DH pour l'employeur et 31,20 DH pour le salarié.

  3. Prestations sociales à long terme

    Base plafonnée à 6 000 DH. Total 11,89 % × 6 000 = 713,40 DH, dont 475,80 DH pour l'employeur et 237,60 DH pour le salarié.

  4. AMO

    Base non plafonnée : 6,37 % de 8 000 DH = 509,60 DH, dont 328,80 DH pour l'employeur et 180,80 DH pour le salarié.

  5. Taxe de formation professionnelle

    Base non plafonnée : 1,60 % de 8 000 DH = 128 DH, intégralement à la charge de l'employeur.

  6. Total

    Charge employeur : 1 507,60 DH. Retenue salariale figurant sur le bulletin de paie : 449,60 DH. Rapportée au salaire de 8 000 DH, la charge employeur représente ici un peu plus de 18,8 %, inférieure aux 21,09 % théoriques, précisément parce qu'une partie du salaire dépasse le plafond.

Ce qui entre dans l'assiette de cotisation

L'assiette de cotisation est le salaire brut versé en contrepartie du travail : salaire de base, primes, indemnités et avantages en nature inclus. Les remboursements de frais réellement engagés par le salarié pour le compte de l'entreprise, lorsqu'ils sont justifiés et proportionnés, ne constituent en principe pas un élément de salaire soumis à cotisation ; la qualification exacte d'une indemnité donnée dépend toutefois de sa nature et doit être appréciée au cas par cas, idéalement avec la CNSS ou un conseil, avant d'être exclue de l'assiette.

L'ouverture du droit aux allocations familiales suppose en outre que le salarié perçoive un salaire mensuel au moins égal à 60 % du salaire minimum légal (SMIG, ou SMAG dans le secteur agricole) et justifie d'une durée minimale de cotisation. En deçà, l'employeur continue de cotiser au taux de 6,40 % sur le salaire réel, mais le salarié peut ne pas remplir les conditions d'ouverture du droit à la prestation elle-même, ce qui est une question distincte du calcul de la cotisation.

Ce que l'employeur doit garder en tête chaque mois

Au-delà du calcul des taux, la cotisation CNSS suppose une mécanique administrative mensuelle que l'employeur ne peut pas improviser au moment du contrôle.

  • Être affilié à la CNSS avant d'employer le premier salarié, et immatriculer chaque salarié dès son embauche
  • Déclarer chaque mois la totalité des salariés présents, y compris les entrées et sorties du mois, même pour un seul jour travaillé
  • Calculer la cotisation branche par branche, en appliquant le plafond uniquement aux deux branches concernées
  • Reverser la part salariale retenue sur le bulletin de paie en plus de la part patronale : la CNSS encaisse les deux parts auprès de l'employeur, qui est seul responsable du versement
  • Conserver la preuve de la déclaration et du paiement, distincts l'un de l'autre dans la mécanique de la CNSS

Le risque d'une cotisation insuffisante ou d'un salarié non déclaré

Un salarié non déclaré, ou déclaré sur une base de salaire inférieure à la réalité, reste un salarié de l'entreprise aux yeux du droit du travail. En cas de contrôle ou de sinistre (accident, maladie, départ à la retraite), la CNSS peut réclamer à l'employeur les cotisations éludées sur la période concernée, majorées de pénalités de retard dont le taux est fixé par la réglementation en vigueur et qu'il convient de vérifier au moment des faits plutôt que de supposer stable dans le temps.

Le risque ne se limite pas au rappel de cotisations : un salarié insuffisamment déclaré peut voir ses futures prestations (indemnités journalières, pension de retraite) calculées sur une base plus faible que son salaire réel, ce qui expose l'employeur à un contentieux distinct de celui mené par la CNSS elle-même.

Questions fréquentes

Quel est le taux total de cotisation CNSS pour l'employeur en 2026 ?

21,09 % du salaire brut au niveau du plafond ou en dessous, répartis entre allocations familiales (6,40 %), prestations sociales à court terme (1,05 %), prestations sociales à long terme (7,93 %), AMO (4,11 %) et taxe de formation professionnelle (1,60 %). Au-dessus du plafond de 6 000 dirhams, le taux effectif rapporté au salaire total diminue, car deux des cinq branches cessent de s'appliquer à la fraction excédentaire.

Quel est le plafond de salaire pour le calcul des cotisations CNSS ?

6 000 dirhams par mois, mais ce plafond ne concerne que les prestations sociales à court terme et à long terme. Les allocations familiales, l'AMO et la taxe de formation professionnelle se calculent sur la totalité du salaire brut, sans plafond.

L'AMO est-elle plafonnée comme les autres cotisations CNSS ?

Non. L'assurance maladie obligatoire se calcule sur l'intégralité du salaire brut, au taux de 4,11 % pour l'employeur et 2,26 % pour le salarié, quel que soit le niveau de rémunération.

Qui paie les allocations familiales entre l'employeur et le salarié ?

Les allocations familiales sont intégralement à la charge de l'employeur, au taux de 6,40 % du salaire brut, sans plafond et sans retenue sur le bulletin de paie du salarié.

Que risque l'employeur qui ne déclare pas un salarié à la CNSS ?

Un rappel des cotisations dues sur toute la période où le salarié travaillait sans être déclaré, majoré de pénalités de retard, ainsi qu'un risque que les prestations futures du salarié (indemnités, pension) soient calculées sur une base insuffisante, ce qui peut donner lieu à un recours distinct de la part du salarié.

Sources