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Le SMIG au Maroc en 2026 : montant, calcul et incidence sur les cotisations

Un taux horaire pour les activités non agricoles, un taux journalier pour l'agriculture, révisés par tranches depuis l'accord social de 2024. Ce que cela représente en paie, et ce que cela change pour le calcul des cotisations CNSS.

Mis à jour le

Ce que le Code du travail appelle le SMIG

Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est le salaire plancher que peut percevoir un salarié des activités non agricoles au Maroc, qu'il soit employé dans l'industrie, le commerce, les services ou une profession libérale. Son équivalent agricole, le salaire minimum agricole garanti (SMAG), s'exprime en taux journalier plutôt qu'horaire, parce que le travail agricole se décompte traditionnellement en journées plutôt qu'en heures.

L'article 356 de la loi n° 65-99 formant Code du travail pose le principe : le salaire minimum légal, dans les activités agricoles et non agricoles, ne peut être inférieur aux montants fixés par un texte réglementaire, pris après consultation des organisations professionnelles des employeurs et des syndicats de salariés les plus représentatifs. Le décret n° 2-08-374 du 9 juillet 2008 a défini les modalités d'application de cet article ; les décrets qui se succèdent depuis ne font que mettre à jour les montants, sans modifier le mécanisme.

L'article 357 précise que le SMIG se calcule sur la base de la valeur fixée par le texte réglementaire en vigueur, et que les pourboires et avantages en nature entrent en compte dans l'appréciation de ce minimum lorsque la rémunération en comprend. L'article 359 étend la garantie aux salariés payés à la tâche, au rendement ou à la pièce : ils ont droit au moins au SMIG, sauf réduction de l'activité qui leur est directement imputable et constatée par un expert agréé.

Les montants en vigueur en 2026

Le secteur non agricole et le secteur agricole suivent des calendriers de revalorisation distincts. Les montants mensuels sont calculés sur la durée légale de travail de 191 heures par mois pour le non-agricole (44 heures par semaine) ; ils ne figurent pas tels quels dans le décret, qui ne fixe que le taux horaire ou journalier.

SecteurTauxEntrée en vigueurÉquivalent mensuel
Non agricole (SMIG)17,92 DH/heure1er janvier 2026≈ 3 423 DH brut (191 h)
Agricole (SMAG)97,44 DH/jour1er avril 2026≈ 2 533 DH brut (26 jours)

Une revalorisation par tranches, pas une décision isolée

Ces montants correspondent à la seconde tranche d'une revalorisation échelonnée, décidée dans le cadre de l'accord social tripartite signé le 29 avril 2024 entre le gouvernement, la CGEM et les syndicats les plus représentatifs. Cet accord prévoit une hausse de 5 % par an du SMIG et du SMAG sur plusieurs échéances successives, et non une augmentation unique.

Le Conseil de gouvernement a adopté le décret portant cette seconde tranche le 18 décembre 2025, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2026 dans le non agricole et au 1er avril 2026 dans l'agricole, ce décalage entre les deux secteurs étant la pratique constante lors des précédentes revalorisations. Avant cette tranche, le SMIG s'élevait à 17,10 DH de l'heure et le SMAG à 93 DH par jour.

Le texte réglementaire précis publié au Bulletin officiel n'a pas pu être consulté directement pour la rédaction de cet article ; les montants et dates ci-dessus reposent sur les comptes rendus convergents de plusieurs organes de presse économique marocains relayant la communication officielle du gouvernement à l'issue du Conseil. Une vérification directe auprès du ministère chargé de l'Emploi ou de la CNSS reste recommandée avant toute application en paie.

Ce que le SMIG change sur une fiche de paie et dans le calcul des cotisations

Le SMIG n'est pas seulement un plancher de rémunération : il conditionne aussi, indirectement, la base sur laquelle les cotisations sociales se calculent.

  1. Un salaire brut qui ne peut légalement descendre sous le SMIG

    Pour un salarié à temps plein des activités non agricoles, le salaire brut mensuel déclaré ne peut être inférieur à l'équivalent du SMIG sur la durée de travail applicable. Un salaire inférieur constitue en lui-même une infraction au Code du travail, indépendamment de toute question de cotisations.

  2. Une base de cotisation qui suit le salaire réel, avec ce plancher

    Les cotisations CNSS et AMO se calculent sur le salaire brut effectivement versé. Comme ce salaire ne peut légalement être inférieur au SMIG, la base de cotisation d'un salarié à temps plein ne peut, elle non plus, descendre en dessous de l'équivalent mensuel du SMIG, même si l'employeur et le salarié s'étaient entendus pour une rémunération plus faible.

  3. Un salaire au niveau du SMIG reste sous le plafond CNSS

    L'équivalent mensuel du SMIG se situe nettement sous le plafond de 6 000 DH qui limite l'assiette de deux des cinq branches CNSS (prestations à court terme et à long terme). Toutes les branches se calculent donc sur la totalité du salaire, sans effet de plafonnement.

  4. Le temps partiel suit une règle proportionnelle, pas un SMIG réduit

    Un salarié à temps partiel n'a pas droit à un SMIG mensuel complet, mais au taux horaire du SMIG multiplié par les heures réellement travaillées. La vigilance porte alors sur le nombre d'heures déclaré, qui doit correspondre à la réalité pour que le salaire horaire reste conforme.

Les secteurs qui appliquent un minimum supérieur au SMIG

Le SMIG fixe un plancher légal général, pas un montant uniforme. Des conventions collectives de branche, négociées entre organisations patronales et syndicats et régies par les articles 104 à 134 du Code du travail, peuvent prévoir des grilles de salaires minimaux supérieures pour certaines catégories de postes. C'est le cas, selon les branches où de telles conventions ont été conclues, notamment dans :

  • Le bâtiment et les travaux publics, où les grilles distinguent souvent plusieurs qualifications d'ouvriers
  • Le textile et l'habillement, secteur où plusieurs conventions collectives ont été négociées au fil des décennies
  • Le gardiennage et la sécurité privée, activité encadrée par un régime professionnel spécifique
  • Certaines branches de l'hôtellerie et de la restauration, où les conventions collectives, quand elles existent, prennent aussi en compte le régime du pourboire

Ne pas confondre non-respect du SMIG et simple retard de paiement

Payer un salarié en dessous du SMIG légal est un manquement distinct des retards de paiement ou des erreurs de calcul de cotisations : il engage la responsabilité de l'employeur devant l'inspection du travail, qui est habilitée à constater l'infraction, et peut donner lieu à une action du salarié devant le tribunal compétent pour obtenir le rappel de salaire correspondant à la différence entre ce qui a été versé et le minimum légal.

Les montants précis des sanctions pénales prévues par le Code du travail en cas de non-respect du SMIG n'ont pas pu être vérifiés avec une certitude suffisante pour figurer dans cet article ; ils ne sont donc pas repris ici. Ce qui est certain, en revanche, c'est que la régularisation du salaire lui-même — verser la différence entre le salaire payé et le SMIG applicable sur la période concernée — reste due indépendamment de toute sanction, et que cette différence doit aussi être régularisée du côté des cotisations CNSS et AMO correspondantes.

Questions fréquentes

Quel est le montant du SMIG au Maroc en 2026 ?

17,92 dirhams de l'heure dans les activités non agricoles depuis le 1er janvier 2026, soit environ 3 423 dirhams bruts par mois sur la base légale de 191 heures. Le SMAG agricole passe à 97,44 dirhams par jour à partir du 1er avril 2026. Ces montants correspondent à la seconde tranche de l'accord social d'avril 2024 et méritent une vérification directe auprès du ministère chargé de l'Emploi avant toute application en paie.

Le SMIG est-il le même dans tous les secteurs d'activité ?

Non. Le SMIG légal est un plancher commun à toutes les activités non agricoles, mais certaines branches disposent de conventions collectives qui fixent des grilles de salaires minimaux plus élevées pour tout ou partie des postes qu'elles couvrent. En l'absence de convention applicable, c'est le SMIG légal qui s'impose.

Comment le SMIG influence-t-il les cotisations CNSS ?

Les cotisations CNSS et AMO se calculent sur le salaire brut réel. Comme ce salaire ne peut légalement être inférieur au SMIG pour un temps plein, la base de cotisation ne peut elle-même descendre sous l'équivalent mensuel du SMIG. Un salaire à ce niveau reste par ailleurs sous le plafond de 6 000 DH, donc toutes les branches CNSS se calculent sur la totalité du salaire, sans effet de plafonnement.

Un salarié à temps partiel a-t-il droit à un SMIG réduit ?

Il a droit au taux horaire du SMIG appliqué aux heures réellement travaillées, et non à une fraction forfaitaire du SMIG mensuel. Le point de vigilance porte sur l'exactitude du nombre d'heures déclaré, qui doit correspondre à l'activité réelle du salarié.

Que peut faire un salarié payé en dessous du SMIG ?

Il peut saisir l'inspection du travail, qui est habilitée à constater l'infraction, ou porter l'affaire devant le tribunal compétent pour obtenir le rappel de la différence entre le salaire versé et le SMIG applicable sur la période. Cette régularisation entraîne aussi un rattrapage des cotisations CNSS et AMO correspondantes.